"Le Petit Prince" d'Antoine de Saint-Exupéry

Publié le 17 février 2026 à 22:00

C'est le livre le plus traduit au monde après la Bible, et pourtant, le connaissons-nous vraiment ? Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry n'est pas seulement un conte pour enfants ; c'est une épopée de l'âme. Entre planètes burlesques et personnages nébuleux, il nous rappelle que la plus belle des étoiles, c'est peut-être celle que nous portions quand on était enfant. 

I. Dessiner l'ineffable.

 

Saint-Ex, comme il se faisait appeler, ne nous livre pas seulement l'histoire d'un petit garçon venu de l'Astéroïde B612, mais son innocence la plus belle. Ses dessins ne sont pas des illustrations de son récit, mais l'image même de son humanité.

Ce n'est pas pour rien, d'ailleurs, que son premier dessin n'était pas un chapeau, mais un éléphant dans le ventre d'un boa... Dès les premières pages, sans qu'il n'ait à nous le dire, il nous montre qu'il faut voir au-delà des apparences, entrevoir l'invisible, pour mieux apercevoir l'essentiel.

II. Caricaturer les adultes.

 

Oh, bien sûr, le Petit Prince visite bien des planètes - mais intéressons-nous aux trois qui disent le plus de choses sur nous. 

La première est la planète du Roi, souverain de sa planète, mais sans aucun sujet. Il dit régner sur tout, même le Soleil et les étoiles. C'est un être autoritaire, c'est vrai, mais profondément juste. Il incarne le pouvoir, et n'hésite pas à confier au Petit Prince : "Il est bien plus difficile de se juger soi-même que de juger autrui. Si tu réussis à bien te juger, c'est que tu es un véritable sage." 

La deuxième est la planète du Vaniteux, un homme qui tire son chapeau à quiconque le vante, et prétend être "le plus beau, le mieux habillé, le plus riche et le plus intelligent de la planète." Il incarne l'égoïsme et la nécessité d'être reconnu, et nous rappelle que si cette vanité peut sembler nous satisfaire, elle peut aussi nous éloigner des autres et nous isoler.

Enfin, la troisième planète la plus importante est celle du Businessman. C'est quelqu'un d'avare et d'ambitieux, qui passe son temps à compter les étoiles qu'il possède, et ne se préoccupe pas des petites choses insignifiantes. Il préfère avoir plutôt qu'être, et c'est ce qui le condamne à être l'esclave de son propre travail, de sa propre existence.

Ce ne sont pas les seules à bien nous décrire, c'est vrai, mais il faut bien laisser quelques zones à explorer. Seul, face à ses cartes, on ne connaît jamais vraiment le monde...

 

 

 

 

Dessin de The Sparkly Ninja, publié sur "flickr"

III. Apprivoiser.

 

" - Qu'est-ce que signifie apprivoiser ?

" - C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens ». "

Ce n'est pas pour rien si le personnage le plus important, après le Petit Prince, est sans doute le renard. Il représente notre besoin social et d'avoir quelqu'un sur qui compter. C'est un ami intime : "Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde." Le Petit Prince, qui, depuis le début de son voyage, était toujours resté seul, trouve désormais quelqu'un pour parler de la rose qu'il aime. Et c'est le renard qui le lui fait voir vraiment, à travers l'une des plus belles phrases du conte : "On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux."

Dans un monde où la dure raison prime sur tout, où les passions sont souvent incontrôlées, cette citation nous rappelle qu'il faut voir le monde avec son innocence la plus profonde, pour compatir ou s'émerveiller devant chaque chose. Et c'est peut-être cela, la leçon que nous devons retenir : "Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants."

Le Petit Prince, c'est à lire absolument, chez Folio.

 

Par Quentin Lesage.

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