Imaginez un lieu à l'abri de tout et pourtant de rien, où le cauchemar s'écoule sur la réalité, et où le mal prend le pas sur le bien. Que serait cet endroit ?
Une église noire, à Providence, attirante et pourtant sinistre, perchée là-haut, sur une colline, au loin, face à la fenêtre d'un écrivain trop curieux. Elle est vieille. Abandonnée. Maudite. Emplie d'abominables toiles d'arraignées. Mais, dans le clocher, il y a une chose mystérieuse - horrible, mais sublime. Un objet maudit, un trapézoèdre brillant, qui miroite un monde par-delà les mondes, fait de démons et merveilles.
Robert Blake, cet écrivain qui passe - trop - son temps à contempler cette église de Federal Hill, finit par se convaincre d'y aller. Il est fasciné par elle, par ce qu'elle abrite, et finit par réveiller un être façonné par les ombres, qui ne peut supporter la lumière.
Howard Phillips Lovecraft parvient, à travers l'indicible, à serrer les cœurs pour les donner à bouffer à ses monstres. Ce n'est pas juste de la peur, c'est du cosmique : l'étranglement de l'âme face à la vérité. Ce texte, qui sera le dernière œuvre majeure de Lovecraft, n'est pas qu'un simple récit : c'est son testament, la peur de l'obscurité primordiale - une curiosité qui vire à l'agonie. Et il confronte la science à ses horreurs, à ses personnages, à Providence. C'est peut-être cela, le plus insupportable : savoir que cela échappe au réel, et que l'on est piégé dans un tel cauchemar.
Tout est tentaculaire, cyclopéen, méphitique...! La paranoïa monte à chaque mot, suivant l'orage qui approche de la ville, et qui finit par plonger Providence dans des ténèbres hantées. Certains diront que ce n'est qu'un conte pour empêcher de dormir - alors qu'ils restent en haut. Les témoins de la laideur descendront les marches de l'insoutenable escalier, non sans crainte, pour contempler au plus près l'ignominie de la réalité.
Howard Phillips Lovecraft parvient, à travers l'indicible, à serrer les cœurs pour les donner à bouffer à ses monstres. Ce n'est pas juste de la peur, c'est du cosmique : l'étranglement de l'âme face à la vérité. Ce texte, qui sera le dernière œuvre majeure de Lovecraft, n'est pas qu'un simple récit : c'est son testament, la peur de l'obscurité primordiale - une curiosité qui vire à l'agonie. Et il confronte la science à ses horreurs, à ses personnages, à Providence. C'est peut-être cela le plus insupportable : savoir que cela échappe au réel, et que l'on est piégé dans un tel cauchemar.
Tout est tentaculaire, cyclopéen, méphitique...! La paranoïa monte à chaque mot, suivant l'orage qui approche de la ville, et qui finit par plonger Providence dans des ténèbres hantées. Certains diront que ce n'est qu'un conte pour empêcher de dormir - alors qu'ils restent en haut. Les témoins de la laideur descendront les marches de l'insoutenable escalier, non sans crainte, pour contempler au plus près l'ignominie de la réalité.
Un conseil : lisez-le ce soir, mais gardez la lumière allumée. Car dans l'Ombre de Providence, quelque chose vous regardera désormais.
Celui qui hantait les ténèbres, de H.P. Lovecraft, c'est à lire absolument chez Folio.
Par Quentin Lesage.
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