Il m'arrive, quand je marche d'un pas léger,
Au coucher du soleil, de contempler la Terre ;
Je regarde les arbres, les vieux champs moissonnés,
Dont la splendeur reste encor pour moi un mystère.
Ici, en souriant, je repense à ma vie ;
La lumière de Dieu m'emporte à l'horizon ;
Et mon cœur apaisé, empreint de nostalgie,
Se laisse sublimer par les constellations.
Des champs verdoyants aux champs jaunis par les temps,
Des plantes immensément fleuries aux plantes flétries ;
La brise m'enlace et ôte mes tourments,
Pendant que mon âme songe à son égérie.
Toutefois, au milieu des poussières célestes,
Un feu d'artifice s'embrase dans les cœurs,
Les mordus s'embrassent, et mon esprit funeste
Aux souvenirs infiniment hantés se meurt.
Mais à cette niaiserie mon âme brisée
Ne veut nullement observer cette beauté,
Je fixe incessamment le doux ciel étoilé :
Mon bonheur se mêle à mes infâmes regrets.
Que me fait la Nature, ces fleurs si colorées,
Sublimes objets des temps passés et futurs ?
Arbres, fleuves, rivières, reliques enchantées,
L'Univers est l'œuvre d'une poésie pure.
Que les astres brillants où miroite le ciel,
De mon cœur enivré, je les vois tous valsés ;
Et mon esprit troublé, aux doutes existentiels,
Se met à contempler la voûte illuminée.
Lorsque les comètes cesseront de briller,
Que l'obscurité m'enfouira dans les abîmes,
Mes tendres mots continueront-ils d'exister,
Ou bien serais-je seul face à ce monde infime ?
Peut-être que si je n'avais jamais écrit,
Que si je n'avais jamais regardé l'Amour,
Je serais un homme profitant de la vie,
Ne se lamentant pas de ses horribles jours.
Là, le bonheur inonderait mes plus beaux rêves,
Là, ma vie serait tout autre à celle qu'elle est,
Et cette belle colombe, que je nomme Eve,
N'aurait jamais croisé mon destin déchiré.
Que ne puis-je, maudit par cette poésie,
Ô Dieu de l'Univers, ne plus jamais écrire !
Pourquoi poété-je sur ma Mélancolie ?
Mes pathétiques mots ne font que tuer mes rires.
Ah ! Si je pouvais m'arrêter de contempler,
Je deviendrais un homme infiniment heureux.
Mais, puisque condamné à ne jamais m'arrêter,
Je suis encor contraint de supplier Dieu !
Par Quentin Lesage.
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