Mon enfant (Poème)

Publié le 22 mars 2026 à 15:00

 

Ce matin, fort heureux d'être enfin avec toi,

Sous un soleil luisant, je pleurais de bonheur ;

Ton cœur me réchauffait, tu étais dans mes bras,

Et ta douce présence effaçait mes malheurs.

 

Tu avais bien grandi, depuis ton au revoir ;

Je voyais dans tes yeux le regard de ta mère ;

Hier, tu venais au monde, et aujourd'hui tu pars,

Et demain, tes « Je t'aime » deviendront éphémères.

 

À tes tendres côtés, disparaissait le Temps,

Écoutant tes doux rires, soudain, je m'oubliais ;

Et chaque nuit, reclus, nostalgique et pensant,

Cherchant ta belle étoile, je te contemplerai.

 

Oui, tu étais tout près de moi, ce matin-là,

Si proche de mon âme, mais si loin de mon cœur ;

Car Dieu m'avait donné un pur instant de joie,

Très fugace, bien sûr, mais tout plein de ferveur.

 

Mon âme est déchirée, ton esprit, envolé,

Tu hantes mes pensées, je meurs de ton absence ;

Juste ciel ! jamais je ne pourrai t'oublier,

Et je dis à mon Dieu : « Prive-moi d'existence. »

 

Un jour, vous êtes enfant, puis vous êtes parent,

La cigogne est un mythe auquel moi seul ai cru,

Et, triste, m'adressant à mon âme d'avant,

Je crie : « Regarde ce que je suis devenu. »

 

Profitez donc des vôtres avant qu'ils ne trépassent,

Car dix remords valent mieux qu'un unique regret ;

Acceptez la douleur d'un triste instant ; hélas !

Le manque est un tourment qu'on ne peut oublier.

 

Que ne peux-tu, Seigneur, malgré ta volonté,

Changer rien que pour moi ce triste évènement !

Car, bien que mon cœur ne soit en fait jamais né,

Je lui dirais enfin : « Adieu, mon bel enfant. »

 

Par Quentin Lesage.

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